Rencontre avec Aurélien Landeau,
producteur en polyculture à Marmande (47)

Aurélien Landeau est un jeune agriculteur installé sur l'exploitation familiale depuis juillet 2012 à Coussan, un quartier situé sur la rive gauche de la Garonne à Marmande, en Lot-et-Garonne. Dans cette plaine fertile du fleuve où l'on a de tout temps lutté contre les inondations, tout en appréciant les bénéfices du limon qu'elles déposent, c'est le règne de la polyculture. Les céréales y côtoient les cultures semencières et maraîchères. Et comme si cela ne suffisait pas, à 29 ans, Aurélien a décidé d'y ajouter des vergers pour produire des pommes à jus. Toujours en réflexion pour faire prospérer son exploitation, il s'est donc lancé dans une nouvelle aventure qui représente un investissement conséquent. Un défi dans lequel il s'épanouit, en attendant de récolter les fruits de son labeur.

J’ai choisi une production moins gourmande en temps et en main d’œuvre

Interview

Vous pouvez nous dresser le portrait de votre exploitation ?

C’EST une exploitation de 300 hectares, avec 270 hectares de plaines et 30 hectares de coteaux. Ce sont de très bonnes terres alluviales, ce qui explique que l’exploitation soit viable pour un jeune agriculteur. Aux côtés des céréales, nous avons toujours eu une activité de maraîchage, mais le légume, c’est compliqué à gérer, notamment en raison de l’évolution de la réglementation et du besoin important en main d’œuvre.

C’est ce qui vous a poussé à planter des vergers de pommes bio ?

Comme je voulais baisser le volume du maraîchage, je souhaitais faire autre chose. Il y a quatre ou cinq ans, Terres du Sud était venu me présenter un projet de verger de pommes bio « clef en main ». Ils en avaient besoin pour approvisionner leur filiale Les Jus de Marmande. C’était un peu trop tôt pour moi, mais quand ils sont revenus, il y a deux ans, j’ai dit banco pour 8 hectares de verger en bio, même si cela représentait un gros investissement.

Qu’est-ce qui vous a convaincu ?

Terres du Sud m’a présenté un projet bien ficelé, avec les chiffres des coûts mais aussi du rapport que je pouvais espérer dans quelques années. Et comme en plus le verger est conçu pour que les tâches soient entièrement mécanisées, cela correspondait à ma volonté de diversifier mon activité tout en limitant la main d’œuvre.

De quelle variété de pommes bio s’agit-il et quel est votre objectif de production ?

C’est une pomme à peau rouge et à chair rouge, qui apporte le côté acidulé au jus de fruit. Quand on la coupe, le côté rouge lui donne des airs d’orange sanguine. On parle des variétés « Red Moon » et « Red Sun ». Il faut l’assembler avec une autre variété. L’objectif, quand le verger sera bien en place, c’est de produire 40 tonnes de pommes bio à l’hectare, soit 320 tonnes pour les 8 hectares.

On peut avoir une idée du montant de l’investissement ?

Plusieurs centaines de milliers d’euros ! Ce n’est pas une paille. Terres du Sud nous a aidé à monter le plan de financement. Ils nous ont aussi accompagnés pour voir les banquiers, et ont participé au financement, en nous permettant d’obtenir des aides. Terres du Sud propose de livrer le verger « clef en main », mais on a choisi de faire le montage du verger nous-même pour faire baisser le coût. Le budget arbres fut le plus conséquent car il fallait en planter un tous les 90 centimètres. Terres du Sud nous a aussi accompagné pour faire les bons choix de palissage.

Vous avez passé un contrat avec Terres du Sud ?

En contrepartie des aides que la coopérative nous a permis d’obtenir, nous nous engageons à livrer 100 % des pommes bio de notre verger durant une vingtaine d’années à Terres du Sud. Notre production sera livrée aux Jus de Marmande, qui commercialisent sous la marque Vallée Verte. Ils font aussi des jus de raisins bio et des jus de pruneaux. Un verger, c’est un investissement à long terme, il faudra attendre la troisième année pour commencer à voir les fruits arriver et encore quelques années pour voir si la production est aussi bonne qu’on l’espère. Pour pallier le faible revenu dû au faible rendement, Terres du Sud a instauré un système de rémunération variable, le prix d’achat au producteur est plus élevé si le rendement est faible, il diminue au fur et à mesure que le rendement augmente.

Est-ce que vous auriez envie de faire partager votre expérience au sein de la coopérative ?

J’ai 29 ans, pour l’instant je ne fais partie d’aucune commission, j’ai le temps pour ça. Par contre, si une commission « pommes » se met en place, pourquoi pas ? Je connais bien le sujet maintenant, je pourrais en parler. J’avais bien aimé les moments d’échanges que j’ai pu partager avec des agriculteurs de Lot-et-Garonne, Dordogne et Gironde dans le cadre du programme « Atouts Jeunes ».